jeudi 10 juillet 2014

Pifres - chronique d'ouvrage

Xavier Vidal et Guilhem Boucher expliquent leur démarche dans un texte de présentation : à la suite d’une publication sur l’amboesa (cf. Pastel
n°67) et aux actions du collectif Fifres du Quercy, se ressent le désir de faire le point sur les connaissances un peu éparses autour du fifre, bien connu dans le Bazadais, un peu dans la région de Moissac et en différents autres endroits. Le mot pifre revient souvent dans les mémoires, de manière plus ou moins informée car sa signification est vague, ou parfois plus précise. Rassemblant les connaissances et compétences des amis, élèves ou connaissances gravitant autour d’eux, nos deux personnages décident alors de proposer ce document qui étend son domaine jusqu’au Massif Central, voire jusqu’au… Brésil, comme on le verra bientôt.

L’International Bagpipe Organisation : une affaire à suivre - compte-rendu

Au départ, l’International Bagpipe Organisation c’est un logo amusant et bien trouvé, et surtout une jeune cornemuseuse d’un dynamisme et d’un enthousiasme hors du commun : Cassandre Balosso-Bardin. Chercheuse en herbe (mais déjà affirmée), elle a enthousiasmé la Société Française d’Ethnomusicologie l’année passée par un exposé on ne peut plus convaincant sur ses travaux à Majorque. En même temps, elle enchaîne enquêtes de terrain, bals folk ou trad, organisation d’événements, et surtout – je suis là pour en parler – les colloques internationaux. Laissons donc notre amie Cassandre et penchons-nous un peu sur ces réalisations : le cosmos de la cornemuse est concerné, donc nous aussi…
Cassandre Balosso-Bardin

mardi 17 juin 2014

Rencontre autour du film de Simha Arom : Ango, une leçon de musique africaine

Festival Peuples et musiques au cinéma 2013

Simha Arom avec le réalisateur Jérôme Blumberg
à la Cinémathèque de Toulouse, novembre 2013
Dans le monde de l’ethnomusicologie, on ne présente pas Simha Arom. Il est l’un de ceux qui ont proposé une approche totalement nouvelle de cette science, y mêlant les principes de la linguistique héritée de Saussure à l’analyse musicale. Par ce biais, il a étudié avec une acuité impressionnante les systèmes musicaux de diverses civilisations, notamment ceux de l’Afrique centrale, et principalement des Pygmées, se penchant sur les polyphonies, les échelles, l’organisation temporelle, la modélisation et les aspects cognitifs de l’oralité. Pendant de longues années, il a dirigé des recherches au laboratoire LACITO CNRS (Langues et Civilisations à Traditions Orales), formant ainsi des générations d’ethnomusicologues. Simha Arom connaît bien Toulouse, et a participé récemment à diverses activités de recherche sur la polyphonie vocale à l’Université Toulouse – Jean Jaurés. Invité au dernier festival Peuples et Musiques au Cinéma, il est notamment venu présenter son film Ango, une leçon de musique africaine, sorti en 1998 en compagnie du réalisateur Jérôme Blumberg. Le film avait été conçu à l’occasion de la venue à Paris d’un de ces fameux orchestres de trompes des Banda-Linda de la République Centrafricaine, sur lesquels Arom s’est particulièrement penché, utilisant notamment la technique du re-recording lors de ses enquêtes de terrain, et découvrant ainsi le travail individuel de chaque instrumentiste pour l’élaboration de polyphonies d’une grande complexité. On le voit ici sur la scène d’un auditorium parisien, commentant devant un public d’étudiants la musique jouée par l’ensemble, superposant les voix l’une après l’autre, questionnant les musiciens, et proposant à l’auditoire une « leçon » particulièrement exceptionnelle pour de jeunes Parisiens découvrant les techniques de l’étude de terrain.
À l’issue de la projection, un débat permettait au public de Peuples et musiques au cinéma de poser des questions à Simha Arom, et de découvrir sa personnalité passionnante, faite d’une faconde, d’une érudition et d’un humour impressionnants. Nous reproduisons ici la première partie de cet échange, axé sur le film et les musiques entendues. Les questions sont posées par diverses personnes du public.

vendredi 20 décembre 2013

Pirenèus, Robert Matta et Pierre Rouch - chronique CD

Robert Matta et Pierre Rouch reviennent ! Sur CD, bien sûr… car on leur connaît de multiples activités qui les empêcheraient bien de s’enfuir ici ou là ! Une agréable présentation, un livret élégamment conçu par notre ami Alem Alquier : c’est bon signe, les deux compères musiciens ont soigné le flacon, l’ivresse risque d’être au rendez-vous… Un titre peut-être pas aussi vaste que la Méditerranée de Francis Lopez, mais qui semblerait s’en approcher, style musical à part bien sûr, avec ce Pirenèus … seule indication textuelle sur la couverture, avec bien sûr les noms de nos deux vedettes.

vendredi 26 juillet 2013

Beatiho - chronique livret-CD

Document bibliographique ou disque compact ? Livre d’art ou notice d’une création musicale ? En tout cas, Beatiho ne se rangera pas dans nos bibliothèques aux côtés des CD. La formule se développe de plus en plus : il s’agit d’un livre de petit format in-16 (« livre de poche » cartonné, pour simplifier) accompagné d’un disque compact, supports appelés à fonctionner en interaction, le son se faisant prolongement des images et des textes qui y sont proposés.

Roland Becker, Immrama - chronique CD

Roland Becker est l’un des plus originaux créateurs bretons des trente dernières années. Il a navigué du bagad, d’où il est originellement issu – le son de la Kevrenn Alre, bagad d’Auray, plusieurs fois champion de Bretagne, c’est lui !- à la musique de couple dans laquelle il a été bercé depuis toujours : voilà déjà pour ce que l’on peut appeler plus ou moins musique « traditionnelle » bretonne. Il a ensuite tâté de divers mondes : le jazz-rock, le jazz tout court (Roland Becker est un talentueux saxophoniste, aux côtés de la bombarde qui reste son instrument principal), la balloche franco-bretonne style musette, les tentatives « contemporaines », la reconstitution muséographique… et j’en passe forcément.

vendredi 15 février 2013

Carlos Valverde et les pífanos du Nordeste brésilien

propos recueillis par Jean-Christophe Maillard


Le Brésil semble se plaire à Toulouse et dans la région ! La Talvera y voyage et y opère des enquêtes, les Fabulos Trobadors se réfèrent entre autres aux repentistas et à leurs joutes verbales, Rita Macedo en a rapporté son talent et son accordéon, Joandre Camargo sa guitare… et plus récemment, Carlos Valverde a introduit dans la ville et ses alentours un nouveau venu, avec une tradition superbe et insoupçonnée : le pífano du Nordeste, cousin des fifres d’Occitanie, résonne désormais sous le ciel toulousain ! Si l’une des passions de Carlos est de jouer de son instrument, une autre est d’en parler… Pourquoi l’en priver ?

lundi 24 septembre 2012

Pistes recyclables, Boris Trouplin - chronique CD

Boris ne fait plus peur à ses admirateurs en jouant de la cornemuse tout en enfourchant un vélo lancé à toute vitesse, comme dans son précédent CD. Il se contente, au niveau du graphisme et des textes de la pochette, de nous intriguer avec une curieuse spirale qui se déroule quand on l’ouvre, puis de nous offrir quelques instants de réflexion avec les titres énigmatiques, qui se révèlent dès qu’on les prononce à voix haute (Hash de zoo, Echec aimable, Mon double s’lâche, Le sourd aime huer)… enfin, qui se révèlent… presque tous, car j’ai abandonné l’idée de tout décrypter, il n’y a peut-être rien à comprendre, d’ailleurs, avec certains autres titres, tels La routine du Karma, Outres athlétiques ou Le pastiche de Lascaux ? J’ai même essayé en vain les contrepèteries…

Jaufré Rudel Troubadour de Blaye, Ensemble Tre Fontane - chronique CD

Le vielleux Pascal Lefeuvre et ses compères de Tre Fontane - Maurice Moncozet à la voix, au rebec, au saz et au ney, et Thomas Bienabe au luth - n’ont pas décidé de nous offrir un « best of » Jaufré Rudel, le troubadour blayais à la destinée romanesque, tombé amoureux de la comtesse de Tripoli sans l’avoir jamais vue, et qui serait mort dans ses bras après un long périple lui ayant permis de ne l’entrevoir que quelques secondes… La princesse lointaine n’est évoquée que dans le texte de présentation, puis l’auditeur est invité à une rencontre, située à mi-chemin entre l’Aquitaine et le Proche-Orient, en compagnie de Rudel et de quelques-uns de ses homologues, en les personnes de Marcabru, Guillaume IX d’Aquitaine, et Peyrol.

Jean Perrier "Quand tu joues", Musique d'Aubrac - chronique CD

L’accordéoniste Jean Perrier enregistrait en 2006 un album consacré au répertoire de ses premiers bals, au début des années cinquante, entouré de Jean Bona à la cabrette et Bruno Bonte au banjo. Cet album n’a jamais pu arriver à sa fin : le musicien est décédé prématurément, laissant le projet inachevé. Jacques Lanfranchi, responsable de la prise de son lors de ces enregistrements ultimes, y a joint et mixé ici sept autres morceaux extraits d’enregistrements plus anciens (1998 et 2004) de manière à compléter ce panorama d’un répertoire que Perrier possédait et interprétait toujours à merveille, à l’aube de ses soixante-dix ans.

Mescladis, José Roux - chronique CD

Cette autre production de l’AEPEM1 (Association d'étude, de promotion et d'enseignement des musiques traditionnelles des pays de France) montre la diversité des produits qu’elle propose : même si, comme celui de Jean Perrier, il s’agit de consacrer un album à un musicien à la lourde expérience, celui-ci diffère sensiblement de l’autre. Certes, José Roux, lui, est bien vivant, et a pu gérer le contenu de Mescladis du début à la fin… mais on n’aura pas l’idée de les comparer pour une telle raison ! Avec Perrier, ce sont les témoignages intacts d’une musique de bal. Ici, c’est un album un peu pédagogique, un florilège d’airs livrés pour la transmission, une leçon d’interprétation.

lundi 21 mai 2012

Les Journées de la Musette, janvier 2012 à Toulouse - compte-rendu


Le projet couvait depuis plusieurs années… Il avait failli se réaliser à la Cité de la Musique à Paris, puis avait été rapatrié à Toulouse en 2010, pour finalement se concrétiser en janvier 2012. Pourquoi des Journées de la Musette ? Le Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse avait déjà organisé, les années passées, les Journées du Hautbois, les Journées du Basson, et enfin les Journées du Luth : ce savoir-faire déjà ancien ne pouvait que paraître favorable. Les deux instruments à anche avaient d’ailleurs mêlé avec bonheur les instruments de diverses époques : hautbois renaissance, baroque, classique, romantique et moderne… idem pour le basson, avec en prime toutes les variantes actuelles que connaît l’instrument, sous ses diverses formes françaises (Buffet-Crampon, Selmer) ou sous celle du Fagott allemand, système Heckel. Le luth avait déjà beaucoup à faire entre le Moyen-Âge, la Renaissance et l’époque baroque. Quant à la musette, elle paraissait confinée dans un petit siècle couvrant les règnes de Louis XIV et Louis XV, se limitant aux frontières françaises…

Dançarem - chronique CD

Balayer le passé, le présent et le futur dans un seul CD est chose ambitieuse. L’équipe de l’Association pour les musiques de tradition populaire en Quercy (AMTPQ) ne semble pas effrayée par le projet.