jeudi 25 septembre 2014

Le Papogay - ne le laissez pas s'envoler...

Certains font des avions en papier, Philippe Sahuc préfère les oiseaux...

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jeudi 27 février 2014

Lo Saüc - chronique bilingue

par Philippe Sahuc

Vin o lop ?
Embriaguesa o feror ? Per lo saber, cal tornar amb la memòria alas (!) jornadas del patrimoni, al còr del COMDT, en setembre passat…
Ausissèm un son que sembla una trena de perfeccion. Es un genre de voluta (la fantasiá de violon se sarra) que nos podèm figurar pujar fins al cèl (pasmens pas un cello). Pujar ? Benlèu mai s'envolar… s'enviolonar !
Mès vesèm tanben dus còses provesits d'instruments, que l'un vira, l'autre se ten pès tancats, l'un tòca l'autre, l'autre desfugís l'un…
Nos podèm demandar se n'i a sèti per dus, se l'un va pas passar per l'autre, se l'autre va pas engolir l'un. Tenèm benlèu aici lo resson de l'idèa de partiment, benlèu de paratge. Mès benlèu tanben de la concurréncia, a mossegada aguda mès, calfada, que se pòt far fusion…
Oc pé, lo vesèm ! e vesèm tanben l'esperit del son que non se fa solament amb las partidas actantas del còs, aquelas que fixan e manejan l'instrument, mès amb lo còs entièr, que comprenèm que n'i a pas mai de termièra entre musica e dança. Per violons e violonaires, tot se fa amb lo còs-còrda e tanben : l'arma.

Vie au long ?
Ivresse ou fureur ? Pour trancher, il faut revenir par la mémoire à elles, (ailes ?) les journées du patrimoine, au cœur du COMDT, en septembre dernier…
Nous y entendons une musique qui paraît une tresse parfaite. C'est un genre de volute (le concept de violon s'approche) que nous pouvons nous imaginer grimper jusqu'au ciel (pourtant pas un cello). Grimper ? Peut-être plutôt s'envoler… s'envioloner !
Mais nous y voyons aussi deux corps munis d'instruments, dont l'un tourne, l'autre se tient pieds joints, l'un touche l'autre, l'autre évite l'un…
On peut se demander s'il y a bien de la place pour deux, si l'un ne va pas traverser l'autre, si l'autre ne va pas avaler l'un. On saisit peut-être ainsi l'écho de l'idée de partage, de parité peut-être. Mais aussi de celle de concurrence, a coups de dents aigus mais, une fois chauffée, qui peut atteindre le point de fusion…
Eh oui, on le voit ! et on voit aussi l'esprit de la musique qui ne se fait pas seulement avec les parties agissantes du corps, celles qui tiennent et manipulent l'instrument, mais avec le corps entier, au point que nous comprenons qu'il n'y a plus de frontière entre musique et danse. Pour les violons et les violoneux, tout se fait avec le corps-corde et aussi : l'âme.

mardi 22 octobre 2013

Le bulletin d'humeur





« Que le cercle soit vicieux ne rend pas le carré vertueux ! »
 « Traité de Mathématique comportementale » chapitre : Morale & Géométrie, manuscrit autographe d’Henri Poincaré (1854-1912) mathématicien, physicien et philosophe français. Essai jamais publié.


Saint-Chartier, petit village cher à George Sand.
Saint-Chartier, indissociablement lié à la renaissance du folk français par son festival de « Luthiers et Maîtres sonneurs » qui accueille les meilleurs luthiers, les meilleurs musiciens, la crème du folk berrichon, français, européen, que dis-je, mondial.
Saint-Chartier, nom mythique…
Et ça fait bientôt quarante ans que, de bonnes raisons en mauvais prétextes, je rate l’événement… Fatalité, acte manqué ?
Ars a remplacé Saint-Chartier, vais-je aussi rater Ars ?
Non !
Décision ferme et définitive, révision des 240 000 km, plein de gasoil, Simone fait les valises, camping-car prêt, « tom-tom » résolument calé sur le Cœur du Berry…


vendredi 22 mars 2013

Lo Saüc - chronique bilingue

par Philippe Sahuc


Sol résol ?
Coneishem lo son, solide !... Ara, Pastel fa lo barrutlaire lo long dels rius d'intermalhum. Non se va pas far pescar per tròp de pesca-linhas benlèu…
Va far coma que fa riusset en un violon… e mai que fa riu en lòc meteis… fa riu o farina si vos estimatz milhor figurar mans de femna… Coneishetz aquel son !
Ieo sabi, ieo que, cada setmana, balhi als flums d'intermalhum una adobadura d'imatges e de lengas per votzes… Sovent que me disi qu'un mieu cavalga-flum es perdut abans d'essèr begut per una gargamèla assedada o al mens, una garda-bela e tasta-novetat…
Un còp, ai trapat tot un pòble prèst per chinchar. Solide, chinchar se fa amb cançons… Coneishem lo son ! Amb mon violon, aviái ensajat de jogar uns mots de la lenga trovada per François Sudre, lo solrésol. Una lenga musicala que se pòt tanbèn parlar amb una man - amb o sens farina - o se pintar (a cada nòta una color, pas solament la de farina). Mai auèi non sabi pas perque tant de gens daissan negar al flum lenga d'aici, lenga d'ailà, mès per un sila, qu'un empelatge !
Pastel, amic Pastel, se vòs pas negar dins l'intermalhum, daissa pas lo son, la man de Fasimila - amb mai d'argent que de farina, tanpòc la color, la tiena de cocanha au mens…

Seul résol ?
On connaît la musique, sûr !... Désormais, Pastel fait le vagabond au long des ruisseaux d'Internet. Il ne va pas se faire pêcher par trop de lecteurs et de lectrices peut-être…
Ça va faire comme qui fait ruisseau dans un violon… et même qui fait rime au même endroit… ou encore farine si vous préférez, avec ses mains de femme… Vous connaissez ce son-là !
Je le sais, moi qui, chaque semaine, offre aux fleuves d'Internet un arrangement d'images et de langues dites par des voix… Souvent je me dis qu'un de mes chevaucheurs de fleuve est perdu avant d'être bu par un gosier assoiffé ou au moins, une gorge restant sur sa beauté mais prête à goûter la nouveauté…
Une fois, j'ai harponné tout un peuple prêt à avaler. Sûr, parfois, on avale aussi les chansons… On connaît la musique ! Avec mon violon, j'avais essayé de jouer quelques mots de la langue inventée par François Sudre, le solrésol. Une langue musicale qui peut aussi se parler d'une main - enfarinée ou pas - ou se peindre (à chaque note une couleur, pas seulement celle de la farine). Aujourd'hui encore je ne sais pas pourquoi tant de gens laissent se perdre au fleuve langue de ci, langue de là mais pour un sila, quel engouement !
Pastel, mon ami Pastel, si tu ne veux pas te noyer dans l'Internet, ne laisse pas la musique, la main de Fasimila - plus d'argent que de farine, pas plus que la couleur, au moins la tienne, de cocagne…

lundi 17 décembre 2012

Le bulletin d'humeur



« Je sème à tout vent ».

Contrairement à une opinion fort répandue, cette devise, emblématique du « Petit Larousse Illustré », n’est pas due au grand séducteur Giacomo Casanova, violoniste, écrivain, magicien, espion, diplomate, bibliothécaire « Vénitien » (1725-1798),
mais à Émile Reiber, architecte et décorateur français (1826-1893).
(Et dire que personne ne s’en doutait… sacré Émile !)


N’avez-vous jamais rêvé de vacances et de ciel bleu, d’un paradis où votre parasol trônerait solitaire sur une immense plage de sable fin, un fond de bruit de vagues berçant une douce somnolence… Puis un quidam se pointe avec armes et bagages et plante son parasol, certes loin de vous, mais il en vient un autre qui plante le sien, plus tard un autre fait de même et d’autres, d’autres encore… une armada de parasols qui s’approchent, s’approchent et transforment votre Éden solitaire en citée HLM des années 60. La jonction de leurs corolles pourrait être une limite naturelle, décente… Que nenni ! Les intrus n’hésitent pas à incliner leurs parasols, à chevaucher le vôtre, et, au besoin, à déplacer votre serviette de bain !
Un cauchemar fait de promiscuité et de bruits, un monde primitif… the wild beach of umbrellas lawless !
D’où le « Paradoxe du Parasol » : « Indépendamment du lieu et du contexte, il reste toujours assez de place sur une plage pour y planter un parasol. » 
Quel rapport avec la musique ou la danse… ?

lundi 12 novembre 2012

Babel Bazar en Couserans

par Jérôme Cabot et Philippe Sahuc

Il existait en Couserans un projet culturel de pays : faire se rencontrer la diversité des façons de faire de la musique, traditionnelle ancienne, traditionnelle récemment inventée, contemporaine de tradition, contemporaine de traduction, et même contente et reine de trash diction. L'animateur de ce projet a eu envie que l'expérience se prolonge en introduisant un miroir... Il a pour cela associé un duo tarnais de pneuma-zeugma-rockers, Double Hapax, et un singulier des littératures écrite et orale, Philippe Sahuc Saüc. Pour une rencontre en quatre points de chute sur un an, une fois par saison, en commençant par le printemps, comme il se doit. Mais voilà, le miroir ainsi constitué a non seulement saisi le reflet mais s'est vite délecté de la mise en abîme du genre : je musique que je dis que je musique que je dis que je musique...

mardi 3 juillet 2012

Le bulletin d'humeur





« Je suis venu, j’ai vu, j’ai bien bu »
« Voyage en jurançonnais » in Commentarii de Bello Gallico,
Julius Caesar, vers 50 av. J-C
Consacré à une brève excursion vers le sud, ce chapitre aurait été censuré 
par des amanuesnis (copistes) soucieux de la Gloire de l’auteur et cette 
phrase remplacée par une version plus guerrière. [réf. nécessaire]


« …Accroupi sale et nu sur le sable d’un désert africain, les yeux plissés par la concentration, le petit homme grave l’os pénien d’un lion… »

Ça c’était il y a bien longtemps…, certains parlent de 25 000 ans, moi, je dis au moins trois numéros de Pastel.
Transmettre la parole, les idées ! Rêve entêté, illusion originelle tenace, d’os pénien en pierre gravée, papyrus, parchemin, papier… Ah ! Le papier ! Cette extraordinaire invention chinoise, trois siècles avant J.-C., transmise par les arabes à l’Occident à partir du VIIIe siècle. Fabuleux « P’tits papiers » en fibres de bambou, écorces de mûrier, lin, chanvre, coton, chiffons recyclés… papier de riz, ou d’Arménie ?
Mais voilà, écrire et transmettre un document nécessite des graveurs, des scribes, auxquels se mêlent parfois des scribouillards qui osent le modifier au gré de leurs humeurs, de l’air du temps… Chapeau bas devant l’édifiante exemplarité de notre citation !

lundi 21 mai 2012

Lo Saüc - chronique bilingue

par Philippe Sahuc


Acabi de cavar ?
Pastel cambia. Ganhat pel Camp biò ? Fariá plasèr a tot un brave monde ! Mès enfin, cambia solament de jaç-otís, de biais de se cocar e de se durbir al lum… Sabetz, cap mès de fulhac, una tela de veire !
Alavetz, acabat de fulhetar, mès comença lo jòc de mirga. Uns dets se van pausar, cansats benlèu d'aver plan fulhetat, un punhet va trastejar e lo guinhaire dal cap, domdaire de mirga - e pas dromadari de miga - va clicar e clicar, talament que le podrem aperar lo clic-chon, del biais meteis que lo clarinetista de Bammala, amb eths sieus clapets, s'aperava e clichon…
Acabat de tornar de la pagina nau (coma cançon de nau1, pas causida per talastre !) a la pagina quatre (e pas per l'interdit dela cançon de nau contra la chifra de brusha) ! E alavetz, per cercar quicòm del costat de la marge ? La mirga que va matar la marge ? Que nani, la mirga que va cavar per trapar conneissença ! Amb uns clics, que pòt far tunèles ! E atal, se van bastir escalièrs de veire per lo Pastel nou… Coma dins unes contes que parlon, per s'acabar, d'un escalièr de veire2… Alavetz, tot que va s'acabar ?
Pensatz ala velhada antica… Aprèp un conte, un autre conte. Al Païs de Saut, la velhada s'acabava quand casiá l'agulha plantada ena candela3. Alavetz, lo Pastel nou s'acabara per vos quand caira l'agulha del comptador electric !

Fini de fouir ?
Pastel se fait biau. Conquis par le camp bio ? Cela ferait plaisir à tant d'honnêtes gens ! mais enfin, change seulement de lit-quête, de façon de se coucher et de s'ouvrir à la lumière… Vous savez, plus de feuillage, une toile de verre !
Du coup, fini de feuilleter mais voilà le jeu de souris qui commence. Certains doigts vont se reposer, fatigués peut-être d'avoir trop feuilleté, un poignet va s'activer et l'index d'extrémité, charmeur de mulot - et pas chameau de mots à l'heure - va cliquer et cliquer, tellement qu'on pourra l'appeler le Clic-chou, de la même façon que le clarinettiste de Bethmale, avec tous ses clapets, s'appelait le clit-chou…
Fini de revenir de la page neuf (comme une chanson de neuf1, pas choisie par hasard !) à la page quatre (et pas pour respecter l'interdit de la chanson de neuf contre le chiffre de sorcière) ! Et alors, il va se bâtir des escaliers de verre pour le Pastel nouveau… Comme dans ces contes qui parlent, pour se clore, d'escalier de verre2… Alors, tout va s'achever ?
Pensez aux veillées des temps anciens… Après un conte, un autre conte. En pays de Sault, la veillée ne s'achevait que lorsque tombait l'aiguille préalablement piquée dans la chandelle3. Aussi, le Pastel nouveau ne se terminera pour vous que lorsque tombera l'aiguille de votre compteur électrique !