jeudi 10 avril 2014

Conte, violon, chant, Pastel fait la part belle aux sources et aux collecteurs avec un article de Josiane Bru consacré à Antonin Perbosc (instituteur et collecteur au début du siècle dernier) et deux chroniques, l’une par Xavier Vidal sur l’ouvrage Violon traditionnel, Dauphiné, Vivarais, Savoie de Patrick Mazellier, la seconde par Pascal Caumont sur la double publication (livre et CD) du CORDAE/ La Talvera Cançons del Cap del Pont.

Bonne lecture !



De la collecte à l’œuvre, les contes d’Antonin Perbosc

Par Josiane Bru

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Violon traditionnel, Dauphiné, Vivarais, Savoie, Patrick Mazellier - chronique

Nous connaissons les travaux de Patrick Mazellier, en tant que figure essentielle de la collecte et du renouveau des musiques de traditions populaires en France, et, en particulier, pour ces régions alpines comme le Dauphiné. Il a réalisé un travail important avec d'autres musiciens sur les traditions de violon populaire de sa région : Les violons du rigodon, Rigodon sauvage, Drailles, Rural café... 

Patrick Mazellier nous offre un document essentiel, accompagné d’un CD, qui va servir à poursuivre la diffusion de ces musiques qu'il travaille depuis les années 1970. À chaque page correspond l'une des 35 mélodies notées en partitions et complétées par une présentation de l'origine de chaque pièce, le tout agrémenté de splendides photographies de ces musiques en situation. Le répertoire est classé par style : polkas, bourrées, scottishs, mazurkas, marches, farandoles, valses, rondes, rigodons (bien sûr), contredanses, aubades (très important pour les répertoires des violoneux), vires (répertoires originaux très peu connus). 

Cançons del Cap del Pont - chronique livre et CD

Voici ici une double publication qui fera certainement date, car elle est à même d'enrichir la connaissance et la pratique du chant en Haut-Languedoc ; elle comprend d'une part un livre contenant plus de deux cents items, dont de nombreux inédits, et d'autre part un disque reprenant vingt-deux chants du recueil.
Passionné d'histoire et de culture populaire, le maire Gabriel Soulages prit soin de noter une grande quantité de chants et autres formes orales, tels que des rondes et chants à danser, des chants politiques, rituels ou religieux, des chants d'amour ainsi que des formulettes, des jeux, des petits contes, etc.

jeudi 27 février 2014

Quand les violons dansent et que les ornements dialoguent, cela inspire Philippe Sahuc qui nous fait partager ses inspirations poético-linguistiques. Côté chronique, Luc Charles-Dominique se livre à une présentation croisée de deux publications autour de chanteurs corréziens et de chansons des pays de l'Ardèche ; Éline Rivière propose son analyse de La Trotteuse, le premier album des Poufs à cordes. Enfin, la rubrique « Retour sur...» s’enrichit et vous propose de découvrir, ou de redécouvrir, le dossier Le chant dans les Landes, écrit par Jacques Baudoin pour le Pastel 66.

Bonne lecture !



Lo Saüc - chronique bilingue

par Philippe Sahuc

Vin o lop ?
Embriaguesa o feror ? Per lo saber, cal tornar amb la memòria alas (!) jornadas del patrimoni, al còr del COMDT, en setembre passat…
Ausissèm un son que sembla una trena de perfeccion. Es un genre de voluta (la fantasiá de violon se sarra) que nos podèm figurar pujar fins al cèl (pasmens pas un cello). Pujar ? Benlèu mai s'envolar… s'enviolonar !
Mès vesèm tanben dus còses provesits d'instruments, que l'un vira, l'autre se ten pès tancats, l'un tòca l'autre, l'autre desfugís l'un…
Nos podèm demandar se n'i a sèti per dus, se l'un va pas passar per l'autre, se l'autre va pas engolir l'un. Tenèm benlèu aici lo resson de l'idèa de partiment, benlèu de paratge. Mès benlèu tanben de la concurréncia, a mossegada aguda mès, calfada, que se pòt far fusion…
Oc pé, lo vesèm ! e vesèm tanben l'esperit del son que non se fa solament amb las partidas actantas del còs, aquelas que fixan e manejan l'instrument, mès amb lo còs entièr, que comprenèm que n'i a pas mai de termièra entre musica e dança. Per violons e violonaires, tot se fa amb lo còs-còrda e tanben : l'arma.

Vie au long ?
Ivresse ou fureur ? Pour trancher, il faut revenir par la mémoire à elles, (ailes ?) les journées du patrimoine, au cœur du COMDT, en septembre dernier…
Nous y entendons une musique qui paraît une tresse parfaite. C'est un genre de volute (le concept de violon s'approche) que nous pouvons nous imaginer grimper jusqu'au ciel (pourtant pas un cello). Grimper ? Peut-être plutôt s'envoler… s'envioloner !
Mais nous y voyons aussi deux corps munis d'instruments, dont l'un tourne, l'autre se tient pieds joints, l'un touche l'autre, l'autre évite l'un…
On peut se demander s'il y a bien de la place pour deux, si l'un ne va pas traverser l'autre, si l'autre ne va pas avaler l'un. On saisit peut-être ainsi l'écho de l'idée de partage, de parité peut-être. Mais aussi de celle de concurrence, a coups de dents aigus mais, une fois chauffée, qui peut atteindre le point de fusion…
Eh oui, on le voit ! et on voit aussi l'esprit de la musique qui ne se fait pas seulement avec les parties agissantes du corps, celles qui tiennent et manipulent l'instrument, mais avec le corps entier, au point que nous comprenons qu'il n'y a plus de frontière entre musique et danse. Pour les violons et les violoneux, tout se fait avec le corps-corde et aussi : l'âme.

Henri et Marie Rouland, chanteurs corréziens et Apprends-moi ton langage, Chansons des pays de l’Ardèche - chroniques

Livret Chants de l'Ardèche
À la fin des années 1970 et dans le courant de la décennie 1980, fut entreprise en France une collecte de grande ampleur auprès des détenteurs de la mémoire musicale et chorégraphique orale, témoins appartenant à la génération 1900 ou, pour les plus jeunes, à la génération suivante (1920-1930). Ces collectes qui, schématiquement, constituèrent la troisième grande vague de recueil de la tradition musicale orale française (après la romantique et celle de l’ethnomusicologie institutionnelle et muséale), permirent de constituer une immense mémoire sonore et visuelle, aujourd’hui conservée essentiellement dans les associations de musiques et danses traditionnelles ou dans quelques structures institutionnelles de conservation de la mémoire. Une autre de leur particularité fut d’avoir été menées en grande partie par des gens qui n’avaient pas de formation particulière en ethnomusicologie et puisaient leur motivation dans des considérations fonctionnelles et utilitaristes : alimenter et renouveler le répertoire des groupes dans lesquels ils jouaient, compléter les seules sources auxquelles ils avaient alors accès, à savoir les anthologies de chants populaires publiées à l’époque romantique et post-romantique. Christian Oller, au cœur de ces deux publications, musicien du fameux et emblématique groupe Le Grand Rouge (Pierre Imbert, Éric Montbel, Olivier Durif et Christian Oller), explique dans le livret de l’album Henri et Marie Rouland, chanteurs corréziens, qu’ « au départ, il s’agissait principalement de collecter des airs originaux pour abonder le répertoire de notre groupe. La démarche fut donc d’aller voir ce qui pouvait subsister en la matière : c’est avec de sages résolutions et – il faut bien le dire – peu de connaissances que nous sommes partis sur ce terrain, sans aucune intention identitaire, régionaliste ou folklorique ».

La Trotteuse, Les Poufs à cordes - chronique CD

Le Sauvage et le Subtil 


Le premier CD des Poufs à Cordes (Clémence Cognet, Noëlie Nioulou) intitulé La Trotteuse nous prend dans une mécanique bien rôdée pour la danse et les oreilles.
Les deux musiciennes nous embarquent pour une traversée musicale qui voyage dans les entrailles du temps, en passant par J.S. Bach jusqu’à aujourd’hui, avec des compositions récentes. Le socle de ce voyage musical est la musique traditionnelle d’Auvergne et du Limousin, qui puise dans les sources, faisant émerger des noms comme Peyrat, Mouret, Perrier, puis Durif et Michel Nioulou. Le ton de cet ancrage au territoire est donné d’emblée par l’allure d’un digipack aux suggestions volcaniques d’une Auvergne qui ne dort pas et par la présence importante du jeu de pieds, enregistré très finement par Aurélien Tanghe, musicien hors pair et magicien du son.

Retour sur... le dossier Le chant dans les Landes

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in Pastel 66 2e semestre 2010

par Jacques Baudoin



jeudi 23 janvier 2014

Le 29 novembre dernier les IIe Conversations musicales s'ouvraient avec une table ronde sur l'ornement ou l'art de l'éloquence, Lucie Behr, étudiante en musicologie, était présente et vous livre sa synthèse ; coups de projecteurs sur l'Armoire Bleue (Clémence Cognet, Eric Desgrugilliers et Jacques Puech) par Franck Ferrero et sur Stéréophonies de Virginie Basset par Dominique Regef, CD qui ont marqué nos chroniqueurs ; enfin, retrouvez dans un nouvel espace les numéros épuisés de Pastel à consulter ou à télécharger.


Bonne lecture !